Trois fois rien
Un puissant roman graphique où l’écriture de l’intime se dresse comme rempart face à une figure maternelle instable.
Quand sa mère lui offre un cahier, Nath décide d’y écrire la grisaille de son quotidien pour que la tristesse ne reste plus que sur la page. Elle raconte sa vie de tous les jours : son amie Ariane, son cœur qui balance entre Alex et Nicolas, et surtout sa mère qui se fait aussi appeler Nath et dont ce n’est pas le prénom. Au fil des mois, la mère de l’adolescente occupe de plus en plus de place, avec ses sautes d’humeur, sa dépression chronique et les tensions qui se muent en chantage affectif. Il y a bien le père de Nath qui essaie de maintenir la stabilité au sein de leur trio familial, mais il ne voit pas tout, ne comprend pas tout et surtout ne peut pas être toujours présent. La jeune fille essaie de concilier les petits et grands tracas inhérents à son âge, les compétitions de tennis et ce qui se passe à la maison. Mais le fardeau est lourd pour ses épaules d’adolescente…
Catherine Tinivella Aeschimann signe un texte percutant, loin de tout pathos, qui retrace un rapport à la mère rendu impossible par la maladie mentale. Les illustrations de Jano soulignent avec une délicatesse peu commune la fragilité et la tourmente intérieures des personnages. Un roman graphique où écriture et dessin dialoguent avec brio pour faire résonner en silence la souffrance de celles et ceux qui sont confrontés à une figure parentale instable.