Sous ta peau, l'orage
«Sous mon sein la grenade», chante Clara Luciani, «Sous ta peau l’orage» scande Sophie Carquain. On retrouve dans son dernier recueil de poésie la même veine féministe que dans la chanson et que dans son précédent recueil Soutif mon amour, qualifié de «recueil remarquable» par Télérama (TTT).
«Je suis-je suis-je suis / Celle qui veut pas mourir / Celle qui veut pas souffrir / Qui a si peur de vivre / La si fragile / Sous ses airs de coquette / La si pénible / La control freak»
Livre après livre, Sophie Carquain scrute, ausculte les émotions, telles des montagnes russes, qui traversent la jeunesse, cet âge qui s’étire jusqu’à bien plus de 30 ans.
Chaque poème offre un tableau de cette génération chahutée par la nostalgie, l’éco-anxiété, la tristesse, la susceptibilité, la colère, la joie intense, le fou-rire… Des vers courts et percutants façon slam, une plume audacieuse et rythmée pour poser des mots sur les souffrances d’une jeune-femme cloîtrée en mode hikikomori, d’une adolescente anorexique, bourreau pour son propre corps et victime collatérale du diktat sociétal de la maigreur. Mots en fusion, prose incandescente pour décrire tant d’effervescence, pour une plongée dans l’intimité et toujours, inlassablement l’appel à résister, à se révolter.